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Orientation du numéro "LANSAD et grammaire"
Les enseignements de langues vivantes pour spécialistes
d’autres disciplines (LANSAD) se développent dans de nombreuses filières
de l’enseignement supérieur, en particulier dans les universités, depuis
la mise en place de la réforme dite de Bologne. Pour certaines langues,
ils tendent parfois à se substituer aux enseignements traditionnels, en
terme d’effectifs pour les étudiants et d’horaires pour les enseignants,
en entraînant éventuellement des reconversions pédagogiques, voire
thématiques. Selon les filières, l’hétérogénéité des étudiants est souvent
beaucoup plus importante que dans les cursus où la langue est la
discipline dominante. Les LANSAD suscitent donc dans les universités de
nombreux débats quant à leurs contenus et leur didactique. Mais d’autres
formes de l’enseignement supérieur, localisées dans des structures
indépendantes, des instituts intégrés aux universités ou des lycées
(Grandes Écoles, Instituts Universitaires de Technologie, Services de
Formation Continue, Classes Préparatoires, Sections de techniciens
supérieurs, Lycées professionnels, GRETA) ont une pratique déjà ancienne
de ce type d’enseignements.
Les enseignements de LANSAD sont de facto articulés de manière
très variable avec les disciplines dominantes des cursus, selon les
structures, le cahier des charges des formations, l’orientation
pédagogique des établissements, les affinités comme l’expérience des
enseignants pour ces disciplines et les pré-acquis des apprenants. Les
LANSAD peuvent donc être aussi bien de véritables langues de spécialité
comme également des langues plus générales, voire même des langues pour
débutants parallèlement à une formation professionnelle ciblée.
La
stratégie pédagogique n’a pas pour objet la seule l’acquisition d’un
lexique plus ou moins spécialisé, mais un apprentissage linguistique
complet mettant en oeuvre toutes les compétences dans une perspective
actionnelle permettant l’apprentissage simultané des spécificités
lexicales, syntaxiques et phraséologiques des langues concernées. Selon le
niveau de spécialisation, la nature des secteurs disciplinaires ou des
activités professionnelles, l’absence de rigueur et d’exactitude au niveau
de la compréhension ou de l’expression ne relève pas de la seule
imprécision lexicale, tandis qu’elle peut avoir des conséquences
dramatiques. Contrairement aux pratiques de certaines approches
strictement communicatives parfois plus tolérantes, les démarches
pédagogiques propres aux LANSAD devraient donc redonner à la grammaire la
place qui lui revient.
Ce questionnement à la fois théorique et
pratique nécessite des réponses adaptées à la fois à la nature des langues
enseignées, à leur articulation avec les disciplines dominantes et à
l’hétérogénéité des apprenants. Les différentes contributions de ce numéro
apporteront par la diversité des langues abordées, des situations
pédagogiques, des expériences, des approches théoriques, des démarches
didactiques innovantes et des lieux d’enseignement un enrichissement du
débat actuel en réunissant chercheurs et praticiens de différents niveaux
d’enseignement en France et en secteur LANSAD.
Contacts :
- Jean-Marc Delagneau : jmarcdelagneau@wanadoo.fr -
Copie aux Rédacteurs en Chef des Langues Modernes : Marie-Pascale Hamez,
marie-pascale.hamez@orange.fr
et Bernard Delahousse, bdelahousse@free.fr.
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