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LANGUE PORTUGAISE DANS LA CPLP : Durant ces dernières années on a pu observer, au niveau mondial, que la prise de conscience face au phénomène linguistique s'est partagée en deux directions. L'une défend la position universaliste par rapport à un système linguistique et l'autre reconnaît la diversité résultant de l'interaction linguistique entre les peuples. La première, dont le caractère est homogénéisateur, insiste sur l'unité linguistique comme phénomène de préservation et la seconde affirme que l'unité se renforce dans la diversité et permet le surgissement des singularités de chaque communauté. Le portugais est la langue officielle dans des pays qui appartiennent à des continents lointains et qui gardent leurs différences, et où elle exerce un rôle de langue supranationale. Donc, dans l'aire de cette diversité, le Brésil et l'Afrique ont été les récepteurs de la culture portugaise tout en ayant, en même temps, sauvegardé et développé leur propre culture et, par conséquent, laissé des marques linguistiques et de savoir dans les sociétés avec lesquelles ils ont eu et ont des rapports. Pour enseigner la langue portugaise et être toujours attentif aux mouvements qui internationalisent les langues, le Departamento de Lingüística Línguas Clássicas e Vernácula (LIV) de l'Instituto de Letras (IL) de l'université de Brasilia (UnB), a cherché des nouveaux objectifs au sein de la formation des ressources humaines. Par conséquent, c'est avec des motivations précises qu'il a créé la licence en portugais du Brésil comme seconde langue (PBSL) dont le principal but est la formation de professeurs de langue portugaise pour l'enseignement du portugais du Brésil - langue, littérature et culture - aux usagers d'autres langues. Ce cours, placé dans le contexte de politiques linguistiques, sert aux communautés n'ayant pas le portugais comme première langue, au Brésil et à l'extérieur, et à ceux qui veulent apprendre le portugais du Brésil comme une langue de communication internationale. Il contribue à la consolidation de l'enseignement de la langue dans les pays dans lesquels le portugais est la langue officielle. Aujourd'hui, elle est une des langues de deux grands marchés mondiaux, l'Union européenne et le Mercosur, et la langue officielle de tous les pays de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP). À cause du rôle social des langues dans l'univers de la mondialisation, le LIV a élaboré un ensemble de projets qui ont été réunis dans un programme d'administration organisé par des groupes de travail (GT) pour divulguer le portugais dans ce contexte. Un des projets les plus importants est le GT LIV/CPLP, lequel comprend aussi le sous-projet Atuação LIV/Timor Loro Sae. Le but du GT LIV/CPLP est la formation de formateurs qui enseignent ou enseigneront la langue portugaise à d'autres professionnels et qui contribueront ainsi à l'implantation et l'usage de la langue chez les communautés du Palop (peuples de langue officielle portugaise) et du Timor Loro Sae. À notre avis, l'implantation d'une langue dans des sociétés ayant des cultures différentes doit être administrée par rapport aux conditions sociales, politiques et économiques de la communauté réceptrice. En conséquence, le GT a adopté un point de vue autocritique, dans le sens où la formulation conjointe d'un programme spécifique pour chaque pays et selon le profil de chaque communauté, exige avant tout que les différences soient respectées. Dans un premier temps, le projet GT LIV/CPLP prévoit des débats sur la manière dont les instituts d'enseignement de langue portugaise des états membres de la CPLP peuvent unir leurs efforts pour consolider l'usage de la langue dans les Palop et au Timor Loro Sae, en utilisant des activités et des matériaux appropriés à chaque situation dans un milieu si adverse. Pour que la dynamique des débats garantisse un minimum de contenu linguistique pertinent, un parcours de travail centré sur les besoins de (ré)implantation, de diffusion et de consolidation du portugais a été créé. Les thèmes compris dans ces activités seront discutés dans des modules thématiques et spécifiques. Parmi les grandes thématiques, on peut mentionner la réflexion sur l'Acordo Ortográfico da Língua Portuguesa, signé par les Sept à Lisbonne en 1990 et pas encore ratifié. La réunion de tous les spécialistes devrait permettre d'évaluer le besoin ou non de ratification. En outre, les situations d'usage de la langue portugaise, des langues nationales, des dialectes et des langues créoles seront aussi analysées : le programme éducationnel de chaque pays devra en tenir compte. Contrairement à l'attitude homogénéisatrice, adoptée par plusieurs programmes d'enseignement de langues, le GT favorisera le plurilinguisme dans l'espace de la CPLP et permettra le développement de méthodologies qui sauvegardent les usages des langues minoritaires africaines et du Timor. Ces méthodologies garantissent la cohabitation de ces langues avec le portugais. D'autres aspects seront aussi examinés, comme le rôle du professeur et de l'apprenti dans la construction du savoir linguistique et le processus de mise en marche des objectifs de la CPLP pour consolider la langue portugaise en tant que lien politique. Ce projet commence à peine à être développé et nous espérons que les premiers résultats auront du succès. Un de ces résultats sera la création d'un projet organique écrit à plusieurs mains pour chaque pays de l'Afrique lusophone, y compris le Timor Loro Sae. Ainsi, l'Angola, le Brésil, les îles Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Portugal, le São Tomé e Príncipe et le Timor Loro Sae travaillent en partenariat, afin que les bénéfices de cette action de politique éducative aient une répercution sur l'ensemble de la CPLP. Pour que les actions se portent vers la diminution de l'analphabétisme encore dominant, l'enseignement doit être la priorité principale. Une bonne connaissance de la langue consolide l'éducation, socialise et prépare l'individu à l'exercice de la citoyenneté. C'est vers cette direction que les délégations rassemblées à l'UnB travailleront pour que les différents milieux interculturels soient respectés. [article publié dans Guia Brasil, bulletin de l'ambassade du Brésil à Lisbonne, septembre 2000] Enilde Faulstich est professeur au Departamento de Lingüística, Línguas Clássicas e Vernácula (LIV) de l'université de Brasilia. Elle est également coordinatrice du projet LIV/CPLP. Maître en linguistique, docteur en langue portugaise et en terminologie variacioniste et politique linguistique. |